jeudi 24 septembre 2020

D&D5 : Campagne Le Butin de la Reine des Dragons (Hoard of the Dragon Queen) Récit n°12

 


Le Butin de la Reine des Dragons

Compte rendu N°12 – partie du 19 septembre 2020


Personnages :

Ø  Nell (Nicolas Walkelsass) : Magicienne Demi-elfe en quête de pouvoir

Ø  Regan (Olivier), Druide Gnome sarcastique et à la voix aigue qui aime les animaux au point de refuser de les tuer même quand ils le mordent…

Ø  Armont de Hauterives (Jean Charles) : Barde Humain, enquête sur un culte malfaisant qui enlève des enfants, éloigné d’Arabel pour sa propre sécurité, c’est à la fois un artiste et un enquêteur qui ne supporte pas l’injustice.

Ø  Falkriss (Gilles) : Roublarde Humaine, criminelle recherchée à Amn, elle a été forcée de quitter le pays entraînant le reste du groupe avec elle. Avide de richesses.

Ø  Halexia (Nicolas Tharaniel) : jeune rôdeuse, élevée par des loups qui apprécie l'aventure.

Ø  Lianna Lancedragon (Frank) : jeune paladine en quête de justice et avide de faire ses preuves pour le triomphe du bien.

Ø  Ambre (Benoît) : Chevalière naine de l’ordre du Gantelet, loyale et attachée à la sauvegarde des Royaumes Oubliés.

 

Sommaire

 

Le Marais de l’Homme Mort. 2

Snapjaw.. 5

Le Buisson qui marche. 9

Libertéééééééé !. 11

La Guerre de la Vengeance. 14

 


 

Le Marais de l’Homme Mort



Alors que le feu du relais illuminait encore le ciel, nos amis s’enfoncèrent dans le marais sur les traces des hommes lézards. Avec l’obscurité et seulement la lumière de la torche de Lianna, la randonnée fut difficile. Le Marais de l’Homme Mort était une vaste étendue marécageuse d’eau salée au nord d’Eauprofonde. Le climat y etait froid et humide. Halexia et Regan donnèrent des conseils basiques à leurs compagnons concernant les dangers du marais : moustiques,  crocodiles, plantes toxiques, serpents venimeux.

Halexia prit la tête du groupe et parvint jusqu’à l’aube à remonter la piste des porteurs sur la terre meuble.  Puis le sol se fit plus sec, avec des sections rocailleuses et les signes de piste furent plus difficiles à repérer. La rôdeuse, ne voulant pas montrer son trouble décida au prochain embranchement de prendre la piste de gauche même si cela était un pari plus qu’une conviction. Le chemin se rétrécit et passa dans une zone environnée d’eau avec des arbres renversés sur le chemin. Halexia enjamba les troncs quand Regan remarqua une pierre polie affleurant à la surface de l’eau. Il identifia une inscription dessus qu’il décrivit à Lianna. Après réflexion la paladine identifia le symbole sacré de Myrkul et fut immédiatement sur ses gardes. Elle concentra ses sens divin et sentit la présence des non morts. Halexia se tourna pour voir pourquoi les autres s’étaient arrêtés et entendit Lianna hurler qu’il fallait partir.

Mais trop tard. Des orbes lumineux apparurent autour d’eux. Le repli se fit dans la panique et Nell chuta sur une racine, emportant Armont avec elle, qui tomba à l’eau. Dans le même temps, Regan voulut chevaucher Akela, le loup de Halexia mais il se rata et empoigna la queue de l’animal qui, surprit,le mordit faisant tomber  également le gnome.

Les orbes disparurent

«  Ce sont des feux follets ! Ils peuvent devenir invisibles ! Préparez vous ! » cria Lianna qui tendit son bras à Armont qui pataugeait toujours dans l’eau. Elle le tira avec force hors de l’eau quand un arc électrique venu de nulle part frappa le barde encore étendu sur le ventre et qui hurla de douleur.

Dans le même temps Nell fut attaquée également et blessée. En riposte elle lança une hâte sur Ambre qui accourut à son secours avec une vitesse surhumaine et frappa frénétiquement le feu follet le dissipant sur le champ. Falkriss et Halexia s’étaient mises en garde et tirèrent sur un autre feu follet dès qu’elles le repérèrent, le détruisant sur le champ. Le troisième avait frappé Regan mais décida de disparaitre pour sauver sa peau. Les aventuriers en profitèrent pour poursuivre leur retraite.

Arrivés au croisement  Halexia proposa de prendre la piste centrale

Regan, soupçonneux, observa les traces et persifla

«  Peut être que notre Rôdeuse pourrait, je ne sais pas moi, ne pas nous envoyer chez le dieu de la Mort et genre nous amener sur cette piste, là à droite, où il y a une marque et des traces d’hommes lézards ? ». Il désigna du doigt un signe sur un tronc en partie caché par des feuilles et des traces de pas diffuses sur le sol.

Halexia se ratatina sur elle-même.

« Euh oui je crois que c’est par là en effet»

Le groupe jeta un regard assassin à Halexia avant de prendre le chemin de droite. Regan passa à côté d’elle avec un sourire moqueur puis la compagnie reprit son périple.

Regan observa Armont qui marchait devant lui

« Oh Armont c’est fascinant regardez : des sangsues à tâche rouge sur votre jambe ! »

« Quoi ?! Aaaaaahhhh ! Enlevez-moi ça !!!!! » hurla le barde

«  Ne soyez pas agité, laissez moi faire, il ne faut pas brutaliser ces pauvres bêtes » dit le gnome.

« les brutaliser ?! Mais je m’en fiche de ça débarrasser moi de ces saletés ! » cria Armont.

Regan sortit son coutela et le tendit à Nell qui le chauffa avec un sort de feu. Puis,  le gnome détacha délicatement les sangsues. 

« Et voilà ! Vous voyez rien de grave, en plus vous avez partagé un peu de vos ressources avec la nature, c’est formidable non ? »

« Si vous le dites… Merci Regan » répondit Armont soulagé.

« Bon on peut continuer maintenant ? » coupa Lianna.


 


Snapjaw



Durant le reste de la journée tout se passa bien jusqu’au soir où les aventuriers virent leur piste se rétrécir et aboutir à une presqu’ile de terre sèche entourée d’eau.

Soupçonneux les aventuriers se questionnèrent. « Tu es sûr que c’est la bonne direction ? » fit Lianna à Regan.

« Evidemment, je ne suis pas un pisteur au rabais moi. Aucun doute c’est ici. » Il s’avança, observa un instant et poursuivit « d’ailleurs venez voir, il y a des canoës et des sortes de tipis en osiers typiques des hommes lézards. Ils sont très ingénieux»

En effet 3 appentis en osiers formaient un demi-cercle au centre de la plate forme.

Falkriss s’approcha discrètement telle une ombre et constata que le petit campement était vide. Il y avait clairement eut davantage de canoës à un moment mais il n’en restait désormais que 3. Elle fit signe au groupe d’avancer.

Regan postula que ceci était un genre de camp relais. Les hommes lézards faisaient souvent cela pour couvrir de longues distances. Il proposa de s’arrêter ici pour la nuit. Dans les appentis, ils trouvèrent des provisions : poissons et lézards séchés. Nell alluma le feu dans le brasero de pierre situé devant les tentes et tout le monde commença à manger. La température avait chuté à la faveur de la nuit et le feu était une bénédiction dans un environnement pareil.

Dégustant un lézard oiseau à la broche, Lianna commenta : 

« Hum… C’est pas mal hein, vous devriez essayer, ça a un goût de poulet. »

La soirée se passa calmement au milieu des bruits du marais… et des autres peu ragoûtant d’Armont qui semblait pris d’une coulante. Après plusieurs aller-retour toilette dans les buissons il revint s’assoir au feu, rouge et en sueur.

« J’ai l’impression d’avoir avalé une pleine bouteille de cette affreuse liqueur « pisse de dragon » des Kobolds » fit il en grimaçant de douleur.

Lianna jeta un regard interrogateur à Regan.

« Oh on dirait que les sangsues vous on transmis une maladie Armont. »

« Et c’est pour ça que j’ai une colique ? » dit le barde.

« Oui, mais la colique c’est la partie facile hihihi. En fait ensuite la maladie attaque votre foie qui va se confire progressivement c’est très douloureux hihihi »

Décidément l’humour de ce gnome était horripilant. Tout le monde pensa que c’était une blague et ricana. Mais le gnome passa du rire à la solennité en une seconde et d’un air sévère déclara « je ne plaisante pas. »

Armon était passé au blanc.

Lianna se leva « par Torm il n’est pas dit que je laisserai un compagnon mourir de façon aussi horrible, elle apposa ses mains sur la plaie d’Armont et invoqua les pouvoirs de sa divinité pour canaliser un sort de guérison des maladies.

« Voilà qui devrait régler ce problème » fit elle avant de se rassoir et de reprendre une brochette de lézard.

Les aventuriers se serrèrent dans les appentis, qui étaient étonnamment propres et confortables. Nell prit le premier tour de garde, au bout d’à peine trois quart d’heure elle entendit des bruits suspects et réveilla Regan qui entendit des voix parler en draconique.

Les intrus semblaient hésiter à les attaquer mais surgirent finalement de l’obscurité en hurlant. Regan sonna l’alerte et le groupe, pris au dépourvu, parvint à se sortir des tentes pour combattre. Nell fut agressée par plusieurs hommes lézards mais Lianna et Ambre vinrent à son secours. Profitant de la confusion Falkriss abattit un lézard tandis qu’Armon invoquait un motif hypnotique qui stoppa net un groupe entier de créatures et les força à admirer le signe. Leurs compagnons les secouèrent « aller on doit le faire ! C’est les ordres ! On n’a pas le choix ». Seuls Nell et Halexia comprirent les paroles en draconiques.

Trois hommes lézards avaient encerclé Regan transformé en ours quand la rôdeuse cria en draconique « arrêtez !!! On n’est pas obligé de se battre nous pouvons régler ça différemment ! »

L’un des lézards semblait intrigué et demanda aux autres de cesser le combat. Il parla en commun 

« Veut parler… Moi Snapjaw. »

Halexia enjoignit à ses amis de cesser le combat également. Elle proposa que tout le monde s’asseye autour du feu et discute. Avec vigilance, chaque groupe prit place, face à face.

Snapjaw tâcha d’abord de s’assurer de l’identité des aventuriers. Ils indiquèrent ne pas être des cultistes et au contraire vouloir les combattre.

Les autres hommes lézards étaient réticents et crièrent à Snapjaw que c’étaient des ennemis. Lianna planta autoritairement son épée dans le sol pour faire silence. Le ton descendit.

Snapjaw proposa à ses camarades d’écouter ce que les étrangers avaient à dire avant de décider.

Nos amis racontèrent qu’ils combattaient le culte depuis des mois maintenant, ils ont affronté des armées, un dragon et des chefs du culte et les ont vaincus.

Les lézards semblaient intrigués mais seulement à moitié convaincus. Il allait falloir gagner leur confiance.

Snapjaw renseigna donc les aventuriers sur la situation dans le marais. Le Culte du Dragon disposeait d’une base dans le marais, le château Naerytar. Une ancienne ruine engloutie par la fange et remise en état par l’Oratrice Draconique Rezmir.

A la mention de leur ennemie jurée, la main de Lianna se crispa sur la garde de son épée et son regard se fit dur.

« Rezmir…. Elle est au château ? »

Snapjaw hocha la tête affirmativement.

« Alors notre mission est clair. » ajouta la paladine.

Snapjaw poursuivit en expliquant que le marécage était le royaume de Voaragamanthar un puissant dragon noir. Rezmir avait passé un pacte avec lui et il avait ordonné aux hommes lézards d’aider le culte. Mais ce faisant, ils ont été obligés de s’allier avec leurs ennemis jurés les brutaciens, des hommes crapauds répugnants et cruels dont le chef Pharblex Spattergoo avait tué le chamane Homme Lézard « Appelle le Soleil » plongeant la tribu dans le désespoir et la servitude.

Snapjaw et les autres en profitèrent pour cracher par terre avec mépris à la mention des brutaciens. La haine viscérale que les hommes lézards ont pour ces créatures transparaissait facilement.

Depuis lors,  les Hommes lézards étaient les parents pauvres de l’alliance. Ils devaient faire toutes les tâches subalternes : nettoyer, fourrager, apporter du bois, nourrir les cultistes et les brutaciens.

Les brutaciens eux s’étaient proclamés gardes du château et sous ce prétexte ne faisaient rien à part rester assis sur leur derrière dans les tas de boue qu’ils affectionnent tant,  en faisant vaguement semblant de monter la garde. Même les patrouilles extérieures et évidemment le transport des marchandises volées étaient du ressort des hommes-lézards. Ces derniers ne comprenaient pas que le dragon ne fasse rien pour les aider.

« Combien sont-ils ? » demanda Lianna.

Snapjaw indiqua que sa tribu comptait un peu plus d’une centaine d’individus mais une cinquantaine était au château, le reste (femmes et enfants principalement) était au village de la tribu à plusieurs kilomètres de Naerytar. Les brutaciens eux étaient  installés quasi tous au château. Ils étaient  un peu plus nombreux, mieux armés et disposaient des pouvoirs de Pharblex pour effrayer leurs ennemis et ne se privaient pas pour tyranniser les hommes lézards dès que le chef des Cultistes avait le dos tourné.

Les Cultistes vivaient au château. Ils étaient pour la plupart des rangs inférieurs, pas vraiment des guerriers chevronnés mais avec une proportion non négligeables de Griffedragons. Ils étaientenviron une quarantaine sous les ordres de Dralmorrer Borngray, le second de Rezmir, un elfe suprémaciste qui n’aime pas les humains (il tolère les membres du Culte) qui dirigeait dans les faits le château la plupart du temps. Borngray déteste Pharblex et ce dernier aimerait également éliminer Borngray. Pour faire contrepoids aux brutaciens, Borngray a tenté de rendre leur fierté aux Hommes Lézards dont il admire la loyauté. Il tenta de leur apprendre la métallurgie et leur a donné des armes en métal. Il avait également constitué une garde des hommes lézards les plus loyaux.

Snapjaw et quelques autres en avait assez de cette situation, ils voulaient retrouver leur liberté. Il expliqua qu’avec la « résistance », ils ont amassé des armes dans des caches avec celles qu’ils ont volées de ci de là et avec celles que Dralmorrer leur avait données. Snapjaw indiqua cependant que tous les hommes lézards n’étaient pas d’accord pour ça et ils semblaient réticent à attaquer les cultistes qu’ils ne haïssent pas vraiment  et notamment Borngray qui est plutôt bienveillant à leur égard.

Lianna lui dit qu’eux n’avaient pas peur de les affronter et qu’ils se chargeraient des cultistes.

Les aventuriers proposèrent que Snapjaw leur permettent de s’introduire dans le camp et de repérer les lieux. L’homme-lézard accepta, il dit connaître toutes les patrouilles et toutes les sentinelles, entrer dans le château n’était pas un problème de toute manière car les Brutaciens n’étaient guère vigilants mais une fois dedans c’était une autre affaire…

L’idée de faire révolter les hommes lézard  pour détruire les brutaciens sembla idéale pour Armont, mais Lianna tempéra « même là, il restera une quarantaine de cultistes dans un château, c’est beaucoup, même pour nous »

« Examinons ce château déjà, nous aviserons ensuite sur le plan » proposa le barde.


Le Buisson qui marche



Le lendemain, les hommes lézards leur proposèrent de les guider. Ils instruisirent nos aventuriers sur les dangers de la Fange. Deux notamment : les Yuan Ti qui chassaient les créatures intelligentes du marais pour les sacrifier à leur dieu et le terrible « Buisson qui marche ».

Le groupe se répartit dans trois pirogues et suivi dans le chenal celles des hommes lézards. Comme d’habitude, Falkriss ne crut pas bon de pagayer laissant Armont s’escrimer seul. Pas encore remis de sa maladie, le barde s’épuisa rapidement et la pirogue dériva.

Pourtant leurs alliés  leur avaient dit d’éviter les herbes hautes de la berge. La pirogue percuta un arbre et tangua, envoyant Falkriss à l’eau… ce qui la réveilla brusquement.

Pas le temps de dire ouf que la mâchoire d’un crocodile se referma sur sa jambe et menaça de l’entraîner au fond, mais son instinct reprit le dessus elle parvint à se libérer et remonta dans la pirogue. Armont venait de repousser un autre crocodile d’un coup de pagaie.

« Ca ne va pas se passer comme ça mon bonhomme » cria Falkriss furieuse.

Le reste du groupe venait de s’arrêter et prenait connaissance de la situation. Regan vit avec horreur falkriss sortir sa rapière.

« Nooooonnn je peux m’en charger Falkriss ne fait pas ça… »

Trop tard la voleuse transperça rageusement le crocodile qui bascula sur le dos en flottant. Le second fila sans demander son reste. Armont poussa de sa pagaie pour repartir dans le chenal. Au passage, Falkriss planta son grappin dans le crocodile et le traina derrière la barque. La vengeance était un plat qui se mangeait froid.

Lorsqu’ils rejoignirent le convoi. Les hommes lézards firent un hochement d’approbation à Falkriss tandis que Regan lui jetait un regard noir.

Le groupe continua sur le chenal et finit par arriver vers midi à une zone sèche. Les hommes lézard découpèrent le crocodile pour le frire sur le feu. Un des reptiles confectionna un collier de dents qu’il offrit à Falkriss. Regan resta dans son coin la mine sombre.

L’après midi, ce fut à nouveau le long d’un sentier  que les aventuriers progressaient. La zone était touffue. A un moment, ils remarquèrent une route pavée à moitié inondée mais Snapjaw leur dit que cela menait à un vieux tumulus maudit plein de choses mortes. Ambre se souvint que l’avatar de Myrkul était mort ici dans le marécage de l’homme mort et qu’il avait crée une zone propice à la non vie.

Délaissant la route, ils continuèrent sur la piste et entrèrent dans une section très boisée. Les hommes lézards ouvraient la marche tandis que Snapjaw faisait la conversation à Regan sur les us et coutumes de son peuple.

Soudain dans un fracas indescriptible un arbre venait de s’effondrer sur les deux hommes lézards de tête les engloutissant complètement. Puis, à la surprise générale, l’arbre sembla se redresser et se déplacer !

Les hommes lézards s’enfuirent en courant et en hurlant de terreur, plongeant dans l’eau et nageant aussi vite que possible. Snapjaw cria de façon hystérique « c’est le buisson qui marche !!! Il faut partir ! Il faut partir ! » La terreur semblait l’avoir totalement submergé. Lianna tâcha de le calmer.

Halexia décocha des flèches sans être sur que cela ait un effet. Falkriss sembla avoir trouvé un point sensible. Le buisson avança. Regan appela la foudre qui percuta la chose, mais à sa grande surprise l’arbre sembla revigoré.

Nell jeta des rayons ardents qui n’eurent que peu d’effet

« Mais…mais ce n’est pas logique ! Quel genre d’arbre est-ce qui ne craint ni foudre ni feu ?! » cria Regan.   L’arbre s’apprêtait à frapper la pauvre Nell quand Ambre s’interposa et trancha  de sa hache. La vue de cet outil et les hurlements de la naine semblèrent enrager l’arbre qui la frappa mais sans parvenir à l’engloutir. Lianna poussa son cri de guerre et taillada de ses épée dans le buisson qui marche. Nell profita de la diversion pour invoquer son sort de hâte sur Ambre.

Déchaînées, la chevalière et la paladine entrèrent dans un torrent de fureur, déboisant littéralement le tertre errant avec une bravoure confinant à la folie.

Falkriss et Halexia continuèrent leur bombardement tandis que l’arbre frappait de droite et de gauche. Lianna esquiva les coups en continuant de frapper tandis qu’Ambre parait de son bouclier qui se tordait sous le choc. Regan et Armont tâchaient de calmer Snapjaw qui était toujours hystérique, s’ils perdaient leur guide ce serait un gros coup dur.

Alors qu’ils semblaient en passe d’échouer les yeux de l’homme lézard s’écarquillèrent. Sous les coups répétés des aventuriers et notamment de la naine et de la paladine l’arbre s’était effondré inerte, ensevelissant ses deux féroces adversaires.

Un silence tendu prit place pendant un moment avant qu’Ambre ne jaillisse des feuillages, secouant son armure et s’extrayant en ronchonnant. Puis ce fut le tour de Lianna de surgir des branches en traînant le corps d’un des hommes lézards. Le second était mort, mais celui là respirait encore. Elle l’étendit sur le sol puis invoqua le pouvoir de Torm pour le soigner.

Snapjaw, remis de ses émotions, remercia chaleureusement la paladine d’avoir sauvé son cousin. Les aventuriers purent constater que désormais l’admiration et la reconnaissance se lisait dans le regard reptilien de Snapjaw. Ils avaient gagné sa confiance en triomphant du Buisson qui marche.

 

Libertéééééééé !



Nos amis arrivèrent une heure plus tard à l’orée d’une grande clairière derrière laquelle se distinguait la masse de pierre du château Naerytar. Snapjaw leur demanda de s’arrêter puis avança. Surgissant des mares et des buissons, des hommes lézards qu’ils n’avaient même pas remarqué s’approchèrent et demandèrent à Snapjaw qui étaient ses compagnons.

Snapjaw et son cousin racontèrent que les héros ici présents étaient venus les libérer et qu’ils avaient tué le « buisson qui marche ». Les autres étaient dubitatifs mais Regan mit son bonnet de blaireau de l’apocalypse et prit une pose menaçante demandant à Nell de traduire ses paroles. Il leur dit qu’ils n’avaient pas fait tout ce chemin pour se faire traiter de menteurs et que s’ils ne les croyaient pas ils n’avaient qu’à venir voir d’eux même . Snapjaw trouva l’idée excellente. Il demanda au chef de patrouille de les emmener sur les itinéraires des sentinelles à l’écart du château afin de permettre aux aventuriers de faire des repérages. Quant à lui-même, il se proposa d’aller rameuter autant de partisans que possible pour venir à l’endroit où le buisson qui marche avaient été tué.

Le tour de la forteresse révéla la configuration des lieux. Brutaciens et hommes lézards étaient logés dans des camps à l’extérieur du château.

Les hommes lézards vivaient dans deux grandes longères confortables, tandis que les brutaciens avaient un village de huttes en forme de dôme, au nord de la porte. Le sol  dans et autour des huttes était devenu une gadoue informe dans laquelle les brutaciens et leurs grenouilles géantes domestiques se vautraient avec joie. Ils s’entassaient à des dizaines dans ces habitations  surpeuplées et mal conçues.

L’unique entrée visible du château était elle, grande ouverte et surmontée d’une barbacane où des brutaciens montaient distraitement la garde, quand ils ne dormaient pas carrément. Regan fit remarquer que la double porte semblait tordue sur ses gonds. Pas sûr qu’elle puisse se fermer rapidement. En revanche il n’arrivait pas à voir si la herse fonctionnait. Ce qui inquiétait Armont c’était de ne voir aucune autre entrée. Or Snapjaw avait laissé entendre qu’il y avait des souterrains et que Pharblex sortait souvent sans emprunter la porte. Après une longue observation Armont remarqua quelques brutaciens et grenouilles géantes qui sortaient des douves inondées du château.

« À mon avis l’entrée des souterrain doit être immergée » fit le barde.

« Alors aucune chance que j’aille patauger dans cette flotte dégueulasse remplie de crocodiles, je préfère batailler à la porte » répondit Lianna.

Falkriss signala qu’au pire elle pourrait utiliser les plantes grimpantes sur le mur, elles avaient l’air relativement solides.

« Et ça là bas c’est quoi ? » demanda le barde en désignant des bâtiments à l’ouest de la porte

« Enclos lézards géants » baragouina le chef de patrouille qui connaissait également le commun.

« Des lézards géants ? Vous les élevez ? Combien il y en a ?» demanda Armont

« Oui, pour nourriture et transport de charges. Quinze lézards, peut être vingt. » Ajouta le reptile

Avec  un sourire sardonique Armont jeta un regard à Lianna et Regan.

« Vous pensez à la même chose que moi ? » dit le barde

« Il faudrait leur rendre aussi leur liberté » répondit le gnome

« Une première vague d’assaut parfaite » ajouta la paladine les yeux illuminés.

 

Le Soir venu, autour de la dépouille du Buisson qui marche, Nell, Ambre et Falkriss avaient disposé des braseros pour aider la lueur du quartier de lune à bien éclairer la scène.

Au sommet de l’arbre désormais mort, Regan, toujours flanqué de son chapeau de blaireau prenait une pose badass en fumant des herbes du marais.

Les premiers groupes d’hommes lézards arrivèrent et furent stupéfaits par le spectacle qui s’offrait à eux. Alors c’était donc vrai ! Ils avaient vraiment détruit le Buisson qui marche ! Ils tournèrent plusieurs fois autour de la dépouille tandis que de plus en plus de groupes affluaient. Snapjaw arriva avec l’un d’eux. Certains hommes lézards venaient même du village lui-même.

La foule s’assembla et tourna la tête vers Nell qui traduisait les propos d’Armont

« Contemplez la dépouille du buisson qui marche ! Nous l’avons abattu pour que plus aucun d’entre vous n’ait peur. Et nous sommes prêt à vous aider à ne plus être les esclaves du Culte »

« Des murmures d’approbation affluèrent. Mais des voix sceptiques firent observer qu’ils n’avaient aucune chance car les brutaciens étaient trop fort »

« Vous n’allez pas me dire que les braves guerriers hommes lézards auraient peur de vils crapauds ? » cria Regan

Des cris de protestation fusèrent, la foule se chauffait peu à peu.

« Il faut vous battre pour conquérir votre liberté, mais nous serons avec vous ! » Ajoutèrent Armont et Nell

« et leur chamane ? » dit un autre 

« Nous nous en chargerons » dit Lianna

« Et je me battrais à vos côtés » ajouta Ambre avec la traduction d’Halexia.

« Alors ? N’est-il pas temps de faire cesser cette injustice ? Que répondez-vous ? » crièrent Armont et Nell

« LIBERTEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEE ! » Fut hurlé par Snapjaw qui se dressa devant les siens.

« LIBERTEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEE ! » fut  l’unique réponse hurlée en chœur par toute la foule.

« Joli discours, du coup on attaque quand demain ? » demanda Lianna à Armont

« Maintenant » lui répondit le barde avec un sourire malicieux.

D’abord surprise, la paladine lui rendit son sourire. De l’action enfin !

Les aventuriers exposèrent leur plan aux hommes lézard. Il fallait retourner au camp récupérer toutes  les armes qu’ils pourraient trouver et ensuite libérer les lézards dans le camp brutacien pour causer un maximum de  dégâts. Juste derrière les hommes lézards et les aventuriers lanceraient l’attaque.

Ambre passa une bonne heure à expliquer aux guerriers comment avancer en rangs serrés lances en avant dans une phalange rudimentaire. Elle avait l’expérience des formations de combat et tâcha d’expliquer à ses étudiants d’un soir l’intérêt d’avoir un bloc compact dans ce type de situation. Les plus futés des hommes lézards seraient chargé de relayer les consignes. De toute manière, elle serait au cœur de la formation pour en assurer la cohésion.

Armont lui, serait derrière. Le chant de l’attaque de la Plage de Torie serait le morceau idéal pour encourager les troupes se dit-il.

La Guerre de la Vengeance



Le château Naerytar était plongé dans le noir et un calme inquiétant y régnait.

 A la faveur de l’obscurité des ombres se faufilaient vers l’enclos des lézards géants. Les hommes-lézards savaient que ces bêtes avaient un caractère difficile et agressif surtout au réveil et qu’une fois lâchées ce serait une tornade de violence. Tandis que les dresseurs faisaient sortir les bêtes, dans les bois, des bruissements se firent entendre dans la forêt, le souffle de la vengeance. 

Les Lézards géant ruèrent à l’intérieur du camp se jetant sur les grenouilles géantes et les sentinelles brutaciennes qui hurlèrent de peur devant cet assaut inattendu.  Quelques brutaciens sortirent voir ce qui se passait à moitié réveillé et coururent en tout sens pour prendre leur arme et repousser les bêtes qui les assaillaient.

Pendant ce temps depuis la lisière des arbres et sous la lueur du quartier de lune, les rangs des hommes lézards émergèrent, et s’avancèrent d’un pas déterminé vers le camp brutacien en panique. 

Arrivés à quelques encablures du camp brutaciens, Ambre frappa sa hache sur son bouclier en rythme « Boum !.......Boum ! ……Boum ! ». C’était un réflexe à chaque bataille rangée, hérité de ses combats avec son clan natal, cela permettait de libérer le stress et d’effrayer l’ennemi. L’adrénaline montant, toute la phalange l’imita et un vacarme assourdissant résonna dans toute la zone.

« Boum ! Boum ! Boum ! »

En avant de la troupe, Falkriss s’était glissée dans les ombres vers la barbacane. Passant d’un buisson à l’autre elle tâcha de ne pas se faire repérer par les sentinelles. Heureusement, ces dernières étaient désormais focalisées sur le fracas de boucliers en contrebas et n’avaient pas  noté sa présence. En quelques foulées, la roublarde atteignit son objectif.

Les  troupes hommes lézards arrivèrent dans le campement et ce fut la mêlée générale. C’était une panique indescriptible entre les lézards géants qui les mordaient  et bondissaient sur leurs arrières et les hommes lézard qui les massacraient en progressant inexorablement, les brutaciens étaient plongés dans la terreur et la confusion.

Armont entonna le chant de guerre qu’il avait préparé et la magie opéra. Comme s’ils connaissaient déjà  l’histoire, les hommes lézards en transe reprirent « Ahoum ! Ahoum ! Ahoum » transperçant et renversant la première vague de leurs ennemis héréditaires et les massacrant sans pitié.

Coincés dans leurs huttes surpeuplées les brutaciens sortaient dans la panique, se bloquant parfois l’accès en voulant sortir tous en même temps sous le coup de la peur. Les torches volèrent venue de l’arrière ligne des hommes lézards mettant le feu aux huttes.

Lianna sortit sa bombe collante et obstrua l’entrée d’une hutte pour éviter une contre attaque. Pendant ce temps, Ambre, toujours en première ligne de la phalange tailladait les brutaciens avec férocité. Regan avait, quant à lui, fait le tour du village de huttes et il vit des brutaciens s’organiser pour contre-attaquer. Voyant un groupe de lézards géants non loin, il attira leur attention et les excita pour les faires se lancer à sa poursuite. Au dernier moment il disparut derrière une hutte et les reptiles fous furieux percutèrent les brutaciens proche les faisant paniquer et fuir.

Pendant ce temps Falkriss s’était placée sous la barbacane juste avant le début de la mêlée et avait disposé de l’huile enflammée sur le sol devant la porte. Alors qu’elle constatait la réussite de leur plan en bas. Elle sentit la panique des gardes sur la barabacane qui regardaient éberlués le carnage qui se produisait en bas, elle les entendit crier « Pharblex !! Pharblex !!» sur un ton de soulagement.

Un petit coup d’œil depuis sa cachette et elle vit un fort détachement de brutaciens qui descendait la chaussée vers la porte.

« parfait. » se dit la roublarde.

En bas tout se passait comme prévu mais la clameur venue du château s’était faite entendre ici aussi. Lianna vit le château qui s’illuminait, une silhouette draconique sur le rempart… Rezmir ! Et à côté d’elle un elfe. Tous deux observaient la situation. Elle vit alors la troupe de brutaciens arriver à la barbacane.

Lianna hésita. Ce n’était pas prudent mais elle décida finalement de courir en direction du château tout en invoquant le pouvoir de Torm pour enchanter ses lames. Alors qu’elle était à mi-chemin elle vit une rangée de brutaciens perplexes fixer cette femme seule foncer sur eux.

Non décidément ça n’était pas une bonne idée mais trop tard pour faire demi-tour, le chef ennemi était là juste derrière, si elle parvenait à se frayer un chemin…

En bas, la vue du bataillon ennemi à la porte sembla jeter un flottement et une inquiétude dans les rangs mais Armont par l’intermédiaire de Nell donna de la voix

« Poursuivez le combat ! Ils ne peuvent plus rien. Nous nous occuperons de leur chef, vous les braves hommes lézards serez victorieux ici et maintenant ! »

Snapjaw également les encouragea dans leur langue.

Dans le même temps, Ambre poussa un cri de guerre et chargea les rangs des brutaciens qui venaient de se reformer à la vue de leur chef.



C’était le moment décisif.

Lianna courrait vers la porte les deux armes sorties. Pas de signe de Falkriss, qu’attendait-elle ? Avait-elle eu un problème ? Tant pis il fallait… Là une ombre sur la droite de la porte ! c’était Falkriss !

Falkriss arma son arbalète de poing enduite de venin et visa Pharblex qui se trouvait au milieu de ses hommes et se préparait à incanter quelque sortilège sur Lianna.

Elle cessa de respirer, pressa sur la détente et le coup parti. Le carreau se ficha dans la gorge de Pharblex, perforant une artère et injectant le poison.

Le hurlement de douleur du chamane brutacien figea la scène et ses gardes qui se retournèrent pour voir ce qui se passait. Pharblex s’affaissa et Falkriss s’apprêtait déjà à filer quand il se rattrapa de son bâton et se releva. C’était raté, il était toujours en vie. Fini la surprise, Falkriss n’aurait pas d’autre chances avec le bataillon à ses trousses.

Voyant cela Lianna s’arrêta, réfléchit à toute vitesse, regarda ses lames, puis d’un mouvement du poignet les tourna et les planta au sol. Elle sortit son arc. Le tir était compliqué mais la luminosité suffisante et la portée aussi. Ces derniers temps elle s’était amélioré elle trouvait.

 Elle arma et tira.

La flèche fendit l’air …e t se planta dans l’œil du chamane qui hurla à nouveau avant de s’effondrer définitivement. Près des huttes tout le monde put voir la scène et les hommes lézards crièrent victoire !

Cette fois la panique était totale, l’effroi et la terreur gagnèrent tous les brutaciens qui perdirent toute volonté de combattre.

Armont Hurla à l’ennemi « Vous êtes les prochains ! ».

La phalange des hommes lézards donna une ultime poussée « Ahoum ! » et les derniers brutaciens déroutèrent complètement. Ils fuirent dans le désordre en tout sens et se dispersèrent dans le marais

Même la garde de Pharblex  se débanda complètement. Lianna, encore genou à terre, avait à peine récupérée ses lames et s’était mise en posture de combat, qu’elle fut dépassée par un troupeau de bêtes hurlantes et terrifiées, ce qui la laissa complètement perplexe. Quand le groupe se fut dispersé elle vit Falkriss lui faire un sourire et lever le pouce. Les compliments étaient assez rares chez la roublarde pour être appréciés.

Lianna sourit puis leva la tête vers le château en direction de l’oratrice draconique.

« Rezmir ! je sais où tu te caches ! Par Torm nous venons pour toi ! ».

Elle vit l’elfe dégainer son épée et descendre. La demi-dragonne lui jeta un regard noir et quitta le parapet.

Les brutaciens de la barbacane avaient lâché leurs armes et bondit en bas de la tour, certains dans les douves d’autres même dans la panique s’étaient laisser tomber sur le sol, se cassant les pattes et clopinaient pour s’enfuir.

Falkriss se tenait devant l’entrée  en se curant les ongles avec Kitty tandis que l’incendie finissait de consumer le camp brutacien et que la troupe d’hommes lézards s’approchait des portes grandes ouvertes.


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