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mercredi 19 mai 2021

Aventure D&D5 : Cycle de la Haute Forêt Chapitre 3 : Fragments du Passé

 



Ce scénario ayant été joué dans mon groupe, je peux désormais le publier sur ce blog sans craindre de spoil.

Vous pouvez télécharger le scénario ICI

Si cela vous intéresse de lire le récit de nos parties sur cette aventure suivez les liens ci-dessous:

La guerre gronde dans la Haute-Forêt. Des armées de Morts Vivants surgissent de toute part au service d’un ennemi inconnu. Devant l’ampleur du péril et inquiète pour ses colonies de la région, la République de Solaun décide de rappeler les aventuriers qui se sont illustrés à Ambrebois. Qui d’autre est désormais plus qualifié pour discuter avec les farouches elfes de la Haute-Forêt ? Cette aventure est prévue pour 5 joueurs de niveau 7.

vendredi 14 mai 2021

Compte rendu de partie D&D5 - Fragments du passé - 9

 

Fragments du Passé

Compte-rendu n°9 – partie du 10 mai 2021

 La compagnie du Hibou Argenté : 

  •  Annasthéa Serindë, l’archère arcanique cherchant à faire renaître le vieux royaume de la Haute Forêt,   
  • Quine Holimion la Prêtresse de Corellon Larethian,
  • Lotharo Siannodel, le chantelame en quête de savoir
  • Calidor Eaucalme le barbare qui cherche à protéger le monde des lapins garous
  • Snaefried Ombreuse, seule non-elfe du groupe, une humaine roublarde des quartiers chauds de Solaun qui suit la compagnie en recherche de richesses.

Evacuation

Le Cri de Calidor arriva aux oreilles de ses compagnons.

Snaefried abattit le mercenaire. Mais alors qu’ils pensaient en avoir fini deux autres entrèrent par la porte principale.

« Allez-y ! » cria Lotharo à Quine et Annasthea.

Le magelame lança une vague de tonnerre pour repousser les nouveau venus mais ces derniers étaient des costauds et ne flanchèrent pas. Snaefried tira vicieusement par-dessus l’épaule de Lotharo et blessa gravement l’un des soldats. Ces derniers se jetèrent sur les  défenseurs. Ayant perdu son flou à cause de l’horreur casquée, Lotharo subit deux blessures sérieuses de la part de son adversaire. Snaefried eu plus de chance et esquiva toutes les attaques de son opposant, qui était déjà bien blessé il faut le dire.

Pendant ce temps au sous-sol, Annasthea arriva dans la cave pour voir Calidor en fâcheuse posture avec deux vampiriennes. L’une d’elle avait réussi à planter ses crocs dans le torse du barbare et le drainait de son sang.

Enragée par cette vision Annasthea tira sans attendre et la toucha.

« Laisse le, sale traînée ! » cria l’archère arcanique.

Le monstre la regarda avec rage et feula mais sans s’arrêter et sa consœur sauta sur un tas de caisses avant d’agripper Annasthea et de la mordre à la jugulaire à son tour.

« Vade Retro Vampyri !!!!! Par Corellon je vous sommes de partir !!!! » Hurla une voix puissante derrière elle. Quine tenait son symbole sacré et une lumière en émanait. Les deux vampiriennes, hurlèrent de rage avant de détaler à quatre pattes pour rejoindre l’escalier d’où avait disparu la roublarde en criant « Maîtreeeeesse …. Maîtreeeeesse !!!.

« Ouf juste à temps ! Merci ! » Dit Annasthea en s’appliquant un linge sur le cou.

« De rien. Calidor ça va ? » Demanda la prêtresse.

« J’ai connu de meilleurs jours. » Répondit le barbare. Il était en piteux état.

« Il faut partir. Prenons Cornevent et allons-nous-en. Nous ne somme pas en état d’affronter Hestia » dit Quine

« Tu es sûre ? On pourrait profiter de notre lancée.  Je n’aime pas trop cette idée de leur laisser le temps de réagir….Mais oui… Tu as peut être raison. » Déclara Annasthea en fixant l’escalier du niveau inférieur.

Pendant ce temps Lotharo avait incanté un nouveau flou et vint à bout de son adversaire grace à sa lame de flammes vertes. Snaefried visa la tête de l’autre vétéran et la transperça avec un carreau mortel.

Personne d’autre ne se présenta. Il semblait, qu’ils aient enfin un peu de répit.

Les autres remontèrent et le groupe fit un rapide conciliabule. Calidor et Lotharo foncèrent à l’étage pour descendre Cornevent toujours inconscient.

« Comment on va sortir ? Y a des gardes à la porte je vous rappelle » dit Quine

« J’ai une idée. » Répondit Annasthea en fixant l’extérieur depuis la fenêtre nord du couloir. « Il y a le carrosse la en bas. »

Calidor passa la fenêtre et sauta en bas de la pente. Puis nos amis attachèrent Cornevent à une corde et le descendirent délicatement vers le barbare. Tout le monde embarqua dans le carrosse, quand soudain, une servante terrifiée qui avait observé leur manège depuis une fenêtre l’ouvrit et cria

« A l’aide !!!! On enlève le seigneur Cornevent !!!! »

« Zut ! On doit y aller. Tu sais conduire un attelage ? » Demanda Annasthea à Quine qui venait de s’assoir, un peu par défaut, à la place du cocher.

 « Non…. Mais c’est le moment d’apprendre ». Elle claqua des rennes et les bêtes se mirent en route poussivement vers l’entrée.

Des gardes sortaient des deux tours qui encadraient la porte

« Halte !!!! » hurlaient-ils.

Sentant l’adrénaline monter, Quine poussa les chevaux dans un trot rapide et parvint à négocier le virage de la porte avec maestria, faisant faire un 90° à l’attelage avec brio. Les roues étaient au bord de la rupture mais elles tinrent, les gardes furent renversés ou se jetèrent sur le côté. L’attelage passa la porte juste avant que la herse ne tombe lourdement.

Snaefried remarqua qu’un garde était resté accroché à l’arrière du carrosse et le « décrocha » d’un tir bien placé qui l’envoya rouler inerte sur le chemin.

L’attelage dévala la pente à toute vitesse et Quine, qui prenait visiblement du plaisir à piloter l’engin négocia parfaitement les courbes du chemin.

En un temps record ils arrivèrent à Sarlon, sous les regards médusés des passants.Ils s’arrêtèrent à l’auberge pour trouver Josias. Après qu’Annasthea eut insisté pour qu’il quitte sa chopine pour les aider, il finit par sortir. Voyant son ancien employeur en danger, cela réveilla ses vieux réflexes.

Avec l’aide de l’aubergiste on installa Sire Cornevent dans une chambre où Quine lui fit un cataplasme.

Une heure plus tard, le seigneur rouvrit les yeux.

« Ou suis-je ? Qui êtes-vous ? » Murmura Cornevent.

Annasthea lui expliqua tout ce qui s’était passé et Arkus se remémora alors tout : le charme, Asthei, le combat, la trahison de Koltag. Il voulut se lever mais son corps se rappela douloureusement à lui

« Doucement monseigneur. Vous êtes en voie de guérison mais encore faible. »

« Mes filles ? Ou sont-elles ?» dit Cornevent

Annasthea et Quine s’échangèrent un regard de commisération avant que l’archère arcanique ne prennent la parole.

« Je suis navré Monseigneur, Asthei les a changé en vampiriennes. Elles nous ont attaqués dans la cave. Il semblerait qu’elles aient rejoint la vampiresse. Je suis désolé.

Arkus Cornevent encaissa le choc difficilement. Il resta un moment hagard, les yeux dans le vide. Il savait ce que cela signifiait. Ce type d’état ne pouvait être traité.

Il serra les poings.

« Asthei…. Grrrrah ! Elle a ruiné ma famille !!!! » il essaya encore de bouger mais Quine le convainquit de ne pas bouger.

«Doucement Seigneur. Nous sommes là pour la combattre.  Existe-t-il des souterrains pour fuir le château Seigneur ? » Demanda Annasthea.

« D’après les rumeurs oui, mais je n’en ai jamais trouvé. Je vous dois malgré tout la vie. Vous avez sauvé mon honneur également. Qui sait ce que ce monstre m’a fait faire durant ces derniers mois.» Répondit Arkus effondré.

« Ne vous inquiétez pas. Nous sommes ici pour la combattre. Mais je crains effectivement qu’elle ne se soit servie de vos réseaux et de votre or pour fomenter le complot qui a mené à l’assassinat de l’ambassade elfique ainsi que les fausses accusations contre nous. »

« Je me souviens effectivement l’avoir présenté à toutes mes connaissances et notamment plusieurs princes marchands. Que peut-on faire maintenant ? » Dit Cornevent.

« Se reposer dans un premier temps. Puis, nous souhaiterions que vous et Josias vous raisonniez les gardes afin qu’ils nous laissent accéder à la cave. Et cela, avant la tombée de la nuit évidemment. »

Cornevent acquiesça.

 

Retour au Château


 

Le groupe reprit la route du château avec le carrosse et les portes étaient fermées. Un carreau siffla et se planta dans le bois de l’habitacle.

Cornevent sortit et cria qu’il allait bien et qu’il n’était pas menacé. Il demanda aux gardes d’ouvrir la porte.

Immédiatement Josias prit le commandement et rassembla ses hommes pour fouiller le château en quête d’éventuels mercenaires survivants.

« Restez avec Josias Monseigneur. Ce sera plus prudent. Nous descendons à la cave. » Dit Annasthea.

« Aller, un peu de lumière qu’en dites-vous ? » S’exclama Quine avant de lancer un sort de lumière du jour sur son bouclier.

« J’dis pas non » Reconnut Snaefried.

Le groupe descendit à la cave puis emprunta les escaliers vers le niveau inférieur.

Ils débouchèrent sur une sorte de crypte qui avait été réaménagé en laboratoire. Au centre de celui-ci trônait une sorte de bassin en pierre avec un peu d’eau dont les rebords semblaient sculpter de runes arcaniques. Quine reconnu immédiatement une sorte de portail. La pièce comprenait un bureau, une vasque, un coffre, un âtre et une sorte de pilori auquel Dornil était attaché. Il semblait inconscient.

Au fond de la pièce l’une des filles de Cornevent les toisait avec air moqueur.

« Ooooh Nos invités sont de retour. C’est dommage vous avez raté notre maîtresse de peu. Elle vous passe ses salutations et nous charges de vous accueillir comme il se doit. Car voyez-vous, elle a des affaires importantes à régler et notamment remettre deux fragments au grand maître. NIAHAHAHAHAHAHAAAAAAAA »

Annasthea tira une flèche directement sur elle et la toucha.  « Tu parle trop, courtisane du malin ». La vampirienne feula de rage en retour. Calidor entra en rage.

C’est alors qu’un fantôme flottant aux traits elfiques s’avança devant le groupe et poussa un hurlement si horrible que Snaefried, Annasthea et Quine s’effondrèrent inconscientes.

Calidor attaqua le fantôme avec son cimeterre magique qui semblait faire effet. Lotharo quant à lui, réagit rapidement et fit boire une potion à Quine pour la relever. Ce ne fut pas facile car deux nécrophages s’étaient joint à la fête, l’un blessa Calidor, le second manqua Lotharo de peu.

« Le concert vous plait ? Quand je pense que vous étiez à deux doigts de réussir, quel dommage. AHAHAHAHAAAAAA !!!! » Cria la vampirienne dans un rire hystérique.

Quine prononça un mot de guérison pour soigner Snaefried et Annasthea. Les deux se relevèrent mais à ce moment la banshee changea pour passer du visage d’une belle elfe éthérée à celui d’un cadavre pourrissant. Le sort de peur engendré terrifia Snaefried et Annasthea qui manquèrent leur attaque. L’autre vampirienne surgit des ombres pour attaquer Quine, mais cette dernière la repéra à temps pour éviter une morsure douloureuse. Elle fut néanmoins agrippée.

« Il suffit! Arrière démon !!!! » Hurla Quine en brandissant à nouveau son symbole sacré devant la figure de la créature. Le pouvoir de Corellon repoussa son assaillante ainsi que l’autre vampirienne et un des nécrophages, tous s’enfuirent au fond de la pièce et se recroquevillèrent.

Calidor en profita pour déchaîner sa fureur sur la banshee et la dissiper. Puis Lotharo affronta le nécrophage restant le blessant avant qu’il ne soit achevé par Snaefried.

Pendant ce temps, Annasthea s’était précipité vers Dornil mais lorsqu’elle voulut le libérer il se dissipa comme une brume laissant entendre un rire sardonique puis une explosion qui plongea l’archère arcanique dans l’inconscience.

« Oh Corellon laisse-moi devenir ton phare de lumière » cria Quine en irradiant de l’énergie positive. Elle soigna l’archère arcanique tandis que les autres éliminaient les ennemis recroquevillés dans la pièce.

Les deux filles de Cornevent reçurent la miséricorde de la mort et un pieu dans le cœur pour les transformer en tas de cendre.

La crypte retrouva son calme et nos amis la fouillèrent.

« Nous arrivons trop tard » Ragea Annasthea en donnant un coup de pied dans un meuble.

« Elle a dû utiliser ce portail pour partir » Dit Quine en désignant le bassin.  

L’état des réactifs et de la pièce, laissait entrevoir un départ précipité. Snaefried suggéra de fouiller pour trouver des indices qu’Hestia aurait laissé derrière. La roublarde commença par crocheter le coffre et en retira force richesse. Le petit magot qu’Hestia n’avait sans doute pas pu emmener.

Elle ouvrit également le grand bureau à distance. Bien lui en prit car celui-ci s’avéra piégé.

A l’intérieur, une liasse de papiers  qu’Annasthea s’empressa de lire.

Entre temps Lord Cornevent était descendu avec les gardes.

« Il n’y a plus de danger en haut. Vous avez visiblement éliminé toute la bande de Koltag… Mes filles ? »

Une ombre passa sur le visage de Quine : « Elles… Elles sont en paix Monseigneur »

Le message était clair, et même s’il s’en doutait, rien ne pouvait préparer un père à la mort brutale de ses deux filles. Le seigneur baissa la tête et s’éloigna de quelques pas pour se recueillir.

« Regardez ça !! » Dit Annasthea en agitant une liasse de parchemins. « Des lettres de recommandation signée de la main d’un prince marchand. Le Prince Reulvyn plus exactement.

Quine leva la tête : « Reulvyn, c’est celui que nous avons rencontré chez l’intendant ?! »

« Oui oui. Et il a également payé pour l’hôtel particulier d’Hestia celui détenu par Prestelièvre. »

« Donc soit il est dominé également, soit nous tenons notre traître. » observa Lotharo.

« Je vote pour le traître » grogna Calidor.

Ils trouvèrent également un ordre de mission pour un groupe de mercenaires appelé les « bouchers bigarrés ».

« Je les connais de réputation » dit Lotharo « Une belle brochette de psychopathes et de sadiques. Ils portent bien leur nom. Ils sont spécialisés pour les assassinats et les chasses à l’homme, dans lesquelles ils prennent beaucoup de plaisir. »

« Charmant » Fit Snaefried.

« Et on sait ce qu’ils cherchent ? » Demanda Quine

« Non, mais cela leur rapportera visiblement une coquette somme et il y a une carte ici. Voyons…. Alcydia est entourée. Il y a une annotation…. Pas très bien écrite d’ailleurs… « Héritière ? » »

Annasthea écarquilla les yeux de surprise et leva la tête. « Oh bon sang ! … Eryn !!!! Ils cherchent Eryn !!! »

« Qu’est ce qui te fait dire ça ? » demanda Lotharo

« Le médaillon de l’Aghna Gruul qu’elle possède. Il est rattaché à une plaque en forme de cône… Comme un fragment de disque.  Ça m’est revenu.»

« Merde…. » Jura Calidor.

Le contrat datait d’il y a 5 jours, les bouchers bigarrés avaient donc une bonne avance sur eux.

« On les rattrapera jamais » observa Snaefried.

« Pourquoi pas ? On a un atout » dit Lotharo en sortant la plume de Qaal.

Le groupe se concerta et décida de partir vers Alcydia le plus vite possible.

Cornevent revint avec les affaires des mercenaires. Il leur proposa de les prendre, en dédommagement. Il y avait un sac sans fond, de l’or et une magnifique perle qui valait au moins 1000 pièces d’or.

Lotharo fut immédiatement intrigué par le grimoire de Zulbren. Il le feuilleta rapidement.

« Maintenant on sait comment ils les ont retrouvé. » Ditle danselame en pointant une page du grimoire : un sort de scrutation. « Et c’est à ça que sert cette perle. » Ajouta-t-il doctement en désignant du doigt la perle que Snaefried s’apprétait à glisser dans sa besace..

« Seigneur Cornevent, pouvez-vous nous rendre un service ? » Demanda Annasthea

« Bien sûr. Si je puis vous aider en quoi que ce soit je le ferai. » Déclara Cornevent

« Nous devons restaurer notre honneur à Solaun, et pour cela il faut que vous témoigniez en notre faveur à Solaun » Dit Annasthea

« Ce serait avec plaisir, mais je doute que ma parole seule suffise. » Répondit le Sire.

« Nous en sommes conscients. Nous avons ici des papiers qui prouvent l’implication d’Hestia et peut être d’un complice. Il faudrait les remettre à Lord Drystan. »

« Drystan ? Cet arriviste ? Vous êtes sûr de vous ? » Demanda Cornevent avec un air étonné.

« Je pense que c’est actuellement le seul en qui nous puissions avoir confiance » Déclara Annasthea.

« Eh bien… Les Royalistes vont gagner des partisans à ce compte-là. La République est vraiment dans la mouise si nous en sommes là….» Commenta le Seigneur.

« A qui le dites-vous » Répliqua Calidor.

 

samedi 8 mai 2021

Compte rendu de partie D&D5 : Fragments du passé - 8

Fragments du Passé

Compte-rendu n°8 – partie du 04 mai 2021

 La compagnie du Hibou Argenté : 

  •  Annasthéa Serindë, l’archère arcanique cherchant à faire renaître le vieux royaume de la Haute Forêt,   
  • Quine Holimion la Prêtresse de Corellon Larethian,
  • Lotharo Siannodel, le chantelame en quête de savoir
  • Calidor Eaucalme le barbare qui cherche à protéger le monde des lapins garous
  • Snaefried Ombreuse, seule non-elfe du groupe, une humaine roublarde des quartiers chauds de Solaun qui suit la compagnie en recherche de richesses.

Audience au château Cornevent



Nos amis décidèrent d’aller rencontrer Sire Cornevent lors de l’audience publique du matin. Après leur petit déjeuner, nos amis se retrouvèrent dans la chambre de Snaefried pour que cette dernière tâche de les rendre moins reconnaissables.

« Ce n’est pas ultra convaincant. Tu m’a habituée à mieux » dit Annasthea

« Oui eh bien, je fais ce que je peux avec ce que j’ai » répliqua Snaefried.

La roublarde et Quine devaient se déguiser en marchandes et les autres seraient leurs gardes, un classique.

***

Une heure plus tard, nos amis arrivèrent en vue du château de Cornevent. C’était une ancienne forteresse qui avait vraisemblablement fait l’objet de travaux d’aménagement de façon à le rendre plus confortable. Il restait cependant perché sur une petite colline dominant Sarlon et disposait de puissants murs d’enceinte.

Ils arrivèrent à la grande porte où deux paysans étaient déjà en train de discuter avec un garde à l’air soupçonneux et pas très aimable. Sa nonchalance semblait cacher une certaine assurance, typique des mercenaires aguerris. Lotharo pensa immédiatement que ce n’était pas un garde ordinaire.

« Qui va là ? Déclinez vos noms et la raison de votre venue ! »

« Je m’appelle Jezabelle et voici mon associée Maria. Nous sommes des marchandes et nous avons été honteusement attaquées sur la route de Sarlon. Heureusement nous avons pu nous enfuir. Depuis, nous avons recruté des gardes pour notre sécurité. Nous sommes effrayées. Je souhaite déposer une réclamation auprès du seigneur Cornevent. »

Le garde fit une moue blasée.

« Si vous voulez. Suivez les deux personnes qui sont passées avant vous et présentez-vous à l’entrée du château. » Fit le garde en désignant le logis seigneurial.

En entrant dans la cour intérieure du Manoir, nos amis constatèrent qu’elle était restreinte mais plutôt bien entretenue. Sur leur droite Ils remarquèrent deux bâtiments, l’un semblait être un atelier et le second une habitation, sans doute celle de serviteurs. Annasthea repéra sur sa gauche l’arrière d’un carrosse, stationné derrière le logis.

« Je crois que nous sommes au bon endroit. Il y a un carrosse la derrière. » Dit l’archère arcanique.

Ils entrèrent par la porte principale jusqu’à un vestiaire où ils se présentèrent à un second garde tout aussi sinistre.

« Vous devez savoir que les armes sont interdites dans la grande salle. Vos gardes devront rester dans le couloir. » Dit le garde.

« Mais bien sûr, c’est normal. » Répondit « Jezabelle » Snaefried.

Le groupe fut conduit à l’étage jusqu’à une longue galerie allant d’Est en Ouest et se terminant par deux portes : une petite au sud et une grande au nord. Juste derrière l’escalier, il y avait une troisième porte. Le Mur sud de la galerie était percée de 4 fenêtres en ogive et à petits carreaux de style. Les meurtrières semblaient donc avoir été remplacées par des fenêtres pour plus de lumière et de style. Le Mur nord de la galerie était constellé de différents portraits représentant des aristocrates de différentes époques, vraisemblablement des membres de la famille Cornevent.

Les paysans arrivés avant eux entraient dans la grande salle pour leur audience. Le garde fit signe au groupe d’attendre ici.

Annasthea examina un moment les portraits avant de se diriger vers le bout du couloir et de tendre l’oreille aux deux portes à l’ouest de la galerie. Plusieurs voix masculines discutaient au nord dans la grande salle. Difficile de discerner quelque chose en raison de l’épaisseur de la porte et de l’éloignement.

Elle se dirigea ensuite vers la porte au sud et reconnut des incantations

« Viiitaaaaa Mortissss Cooooolio….. » WOUSCHHH ! « Zut, pourquoi ça ne marche pas ? Essayons cela…. »

Un arcaniste donc. Une voix masculine. Elle ne la reconnut pas.

Pendant ce temps à l’autre bout de la galerie, Snaefried s’était assise sur un banc près de l’escalier et incanta sa main de mage pour ouvrir la porte Est. Fermée à clé. La roublarde fit récupérer son rossignol à la main de mage et crocheta la serrure. Elle ouvrit la porte et vit un couloir avec trois portes et un escalier qui montait et descendait.

« Pssst » Fit Annasthea depuis l’autre côté de la galerie. L’archère se rassit au banc le plus proche. Elle avait vraisemblablement entendu du mouvement. Snaefried referma la porte et renvoya sa main de mage.

Le garde réapparut et fit signe à Snaefried et Quine d’entrer.

« Les gardes restent dehors. Laissez leur vos armes ». Dit le soldat.

Les deux comparses s’exécutèrent, laissant leurs armes sur un banc.

Il arrivèrent dans une grande salle faisant à la fois office de salle du trône et de salle de bal, bien que, au vu de la poussière sur les tables disposées le long des murs nord et sud, il n’y a pas dû y avoir de bal depuis longtemps.




Le seigneur Cornevent les attendait sur un siège posé sur une estrade près du mur  à l’est de la pièce. C’était un aristocrate dans la cinquantaine, charismatique, des cheveux gris en brosse, avec des golfes affirmés et un bouc soigneusement taillé. Il était vêtu d’une tunique bleue brodée d’argent avec un col en hermine.

A ses côtés, un colosse à la mine patibulaire, assez jeune, peut-être 30 ans, les cheveux bruns courts, bardé de cicatrices et revêtu d’une chemise de mailles. Il semblait très soupçonneux et ne perdait pas les visiteurs des yeux.

Snaefried sentit le garde qui leur avait ouvert se poster derrière elle, à la fenêtre nord-ouest de la pièce. Il ne semblait pas nerveux mais vigilant.

« Quelles sont vos demandes ? » Dit le Sire Cornevent en leur faisant signe d’approcher.

Snaefried lui raconta à nouveau son histoire d’attaque de brigands, en prenant soin de jouer la femme traumatisée par cette expérience.

« Hum oui … J’attache évidemment beaucoup d’importance à la sécurité des routes de ma seigneurie. Je ferai le nécessaire… Mais… Euh…. ». Il s’arrêta un instant.

« Tout va bien Monseigneur ? » Demanda Quine.

« Oui… Parfaitement. » L’homme semblait un peu confus. « Je ne dispose malheureusement pas d’effectifs suffisants en ce moment à cause de la guerre »

C’était clairement un mensonge et Quine semblait convaincu que son interlocuteur était sous emprise.

« La guerre ? Mais cela concerne l’armée régulière. Vous n’avez pas assez de gardes personnels ? Nous en avons vu pléthore. »

« Si … Enfin bien sûr. Je m’en occuperai. Je suis désolé de ce qui s’est passé mais je ne peux rien faire pour le moment. »

« Je crois que vous devriez partir » intervint le soldat à la droite de Cornevent.

« Qui êtes-vous pour interrompre le seigneur ? » répliqua Quine.

L’homme fut piqué au vif mais reprit vite contenance.

« Seigneur ne pensez-vous pas que cet entrevue soit terminée ? Vous avez répondu à ces pétitionnaires, non ?» Dit-il en se tournant vers Cornevent.

Toujours très confus, ce dernier semblait réfléchir les yeux dans le vague.

« Ou-oui….Koltag… Je… Euh… Vous avez raison…Je crois que c’est terminé en effet. »

« Vous avez entendu ? » Ajouta le dénommé Koltag avec un sourire mauvais.

« Très bien nous nous retirons alors. » Dit Quine en inclinant la tête. L’atmosphère devint un peu moins oppressante et les deux femmes se retournèrent pour sortir.

« Oh et puis zut ! » murmura la Prêtresse qui se retourna brusquement et incanta un sort de dissipation de la magie sur le baron.

« Réveillez-vous Cornevent ! Vous êtes sous l’emprise du mal, Asthei la vamp… » et BAM, avant qu’elle ne pusse finir sa phrase Quine fut frappé par un coup de bouclier qui l’étourdit un moment puis elle sentit la douleur d’une épée qui s’enfonçait dans son flanc.

« Tu viens de signer ton arrêt de mort, sale chienne ! » persifla Koltag qui venait de l’assaillir.

Du Grabuge au château



Cornevent se tenait la tête à deux mains semblant souffrir.

Annasthea entra  en trombe et tira une flèche sur le capitaine des gardes mais elle ne fit que peu de dégâts. Lotharo bondit à son tour dans la pièce et jeta son arbalète à Snaefried qui l’attrapa au vol et tira sur le second garde mais dans la précipitation elle manqua son coup. Calidor la dépassa alors pour engager le combat avec ce-dernier.

Koltag lança un second assaut acharné contre Quine qui brandit son bouclier désespérément mais fut blessée à de nombreuses reprises. Mais la prêtresse au lieu de riposter continua de s’adresser à Cornevent.

« Monseigneur, vous avez été charmé par Asthei, c’est une infâme vampire qui se fait passer pour votre nièce, nous sommes là pour vous aider »

« Non je… Je n’ai pas de nièce. Mais… Je … Vous êtes… tous des menteurs… Tous… A moi ma fidèle !  Vient m’aider. » Hurla Cornevent.

Annasthea manqua ses tirs de même que Snaefried et Calidor fut blessé par son adversaire à plusieurs reprises sans qu’il parvienne à lui rendre la monnaie de sa pièce. Excédé le barbare entra en rage.

Lotharo entama la danse de l’épée et devint flou. Il frappa Koltag qui manqua sa riposte. Désormais encerclé le capitaine frappa rageusement Quine avec tant de violence qu’il la plongea dans l’inconscience. Lotharo ne put que voir impuissant son amie s’évanouir après un énième coup de bouclier.

«Une bonne chose de faite. A nous deux » Dit-il à Lotharo.

Les deux combattants croisèrent le fer mais aucun ne prit l’avantage. Le danselame ne parvenant pas à trouver le défaut de son adversaire tandis que son flou le protégeait des coups vicieux de Koltag.

Alors que nos amis étaient en plein combat, la porte au sud de la galerie s’ouvrit. Annasthea eu un frisson de peur.

« Zulbren vient nous aider !!! » Hurla le vétéran qui combattait Calidor.

« Tiens tiens, on s’amuse bien ici. » Dit une voix provenant d’un gros vieillard édenté aux cheveux en pétard et avec une calvitie prononcée. Il incanta un sortilège.

« Non…. Non déconne pas, NOOOOON !!!!! » Hurla à nouveau le vétéran.

Un souffle glacé jaillit des mains du mage et enveloppa toute la partie ouest de la grande salle. Lorsque le souffle se dissipa, Snaefried, Calidor, Annasthea et le garde était en piteux état. Gelés au dernier degré et souffrant terriblement.

« Désolé Scotty, on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs » ricana Zulbren avant de disparaître dans un volute de fumée.

Annasthea reprit ses esprits et comprit qu’il n’était cependant pas loin. Elle l’entendit parler à quelqu’un dans la galerie puis il y eu des pas dans un escalier.

« Sacré Zulbren, toujours là pour jeter un froid » Ricana Koltag en s’acharnant sur Lotharo, parvenant enfin à le blesser mais sans gravité.

Calidor encore gelé manqua le garde agonisant mais Snaefried parvint enfin à blesser traîtreusement Koltag qui hurla de douleur et de rage mais ne dévia pas de son objectif.

Soudain la porte Est de la grande s’ouvrit à la volée et une armure animée par des flammes rouges entra. Lotharo reconnut une Horreur Casquée, une armure animée.

« Protège-moi ! T-tue les tous ! » Hurla Cornevent.

L’armure s’avança entre Lotharo et Koltag et les frappa tous les deux les blessant chacun avec son épée à deux mains.

« Zut…. Elle me repère sans problème malgré le flou. » jura Lotharo.

« Arrête idiote. Monseigneur je suis avec vous » Tenta Koltag, mais le Sire semblait ne plus être dupe de son manège.

La mêlée reprit avec acharnement. Calidor vint à bout de son adversaire avec l’aide de Snaefried. Le barbare engagea ensuite Koltag qui ne savait plus où donner de la tête.

Pendant ce temps Annasthea bondit dans la galerie et y repéra le mage. Sans attendre qu’il n’incante un nouveau sort, elle déchaina un déluge de projectiles arcaniques sur ce dernier qui déploya un bouclier mais en vain : les flèches le traversèrent et le transpercèrent de toutes part. Zulbren tituba, mais Annasthea dans un sursaut lui planta deux flèches dans la tête l’envoyant valdinguer dans l’escalier.

Koltag se déchaîna contre ses trois adversaires qui lui rendaient coup pour coup… Enfin surtout Lotharo, Calidor ne parvenant pas à le toucher. Alors qu’il pensait avoir enfin trouvé la faille, le barbare vit avec frustration son coup paré in extremis par le capitaine mercenaire.

« C’est tout ce que tu sais faire ? » Le provoqua-t-il.

Un projectile se planta dans le bras de Koltag, Annasthea venait de se replacer à la porte.



Alors qu’elle s’apprêtait à encocher une nouvelle flèche, l’archère arcanique sentit une vive douleur dans sa cuisse. Quelqu’un venait de la prendre en traitre. Elle vit la tête d’une demi-elfe blonde dépasser de l’escalier menant au rez de chaussée. Puis avec un sourire satisfait, la femme redescendit l’escalier en gloussant….

« Espèce de …. » Jura Annasthea en ôtant la flèche et en la jetant violemment au sol.

Une demi-elfe blonde, nulle doute que c’était la sbire de Hestia qui avait trahit les elfes !

Envahie par la rage, l’archère arcanique courut après son adversaire au mépris de toute prudence. Arrivée à la hauteur de l’escalier elle tomba nez à nez avec trois gardes mercenaires. Par réflexe elle tira et en blessa un gravement mais son adversaire lui décocha 3 coups d’une violence telle qu’elle tituba en arrière. Les deux autres l’encerclèrent et abattirent leurs épées, plongeant Annasthea dans le coma.

Le cri de leur ami retentit dans la salle.

« Bientôt c’est votre tour. » Dit Koltag d’un air mauvais.

Lotharo esquiva l’attaque de l’Horreur Casquée et Calidor distrait Koltag pour permettre au danselame de faire boire une potion à Quine.

Les trois soldats firent leur entrée blessant gravement Snaefried qui fit un roulé-boulé en arrière contre la fenêtre Nord-ouest mais manqua son tir. Les autres blessèrent Calidor qui n’était plus frais. Seule sa rage le maintenant en état, il était couvert de plaies. Enragé il parvint à blesser Koltag, enfin.

La situation était mauvaise cependant.

Quine allongée au sol tendit une main implorante vers Cornevent qui était toujours sur l’estrade, confus.

« Monseigneur, je vous en prie…. Croyez-nous ! Nous ne sommes pas vos ennemis, nous … nous… Argh…. Nous venions vous sauvez c’est pour cela que j’ai dissipé le sort qui vous affectait… Asthei est une vampire, elle….elle vous a dupé…Ne le comprenez-vous pas !? »

La sincérité de la prêtresse toucha le vieil homme qui sembla soudain écarquiller les yeux comme s’il venait de s’éveiller d’un mauvais rêve.

« Je…. Oui…. Elle m’a trompé. Vous avez raison… » il s’adressa à l’Horreur Casquée « Elimine Koltag et les gardes ce sont nos ennemis ! »

Immédiatement la chose bombarda le capitaine de coups et ce dernier accusa le coup, désormais lui aussi gravement blessé. Cornevent dégaina son épée et s’avança pour tenter de frapper à son tour Koltag, mais la vieillesse et des années sans combattre fit que le félon esquiva sans problème  ses coups. Koltag, avec un art du combat consommé et beaucoup de sang-froid vu sa situation, tâcha de frapper chacun de ses adversaires, parvenant encore à blesser Calidor, Cornevent et l’Horreur Casquée (quoique cette dernière ne semblait pas ressentir grand-chose). Koltag était une bête blessée et acculée, mais l’énergie du désespoir le guidait.

Snaefried, recroquevillée dans le coin nord-ouest, reprit courage et abattit le garde qu’Annasthea avait déjà blessé. Calidor parvint enfin à enchaîner une série de bottes qui firent mouche et Koltag s’effondra finalement la gorge tranchée, dans un gargouillis de sang.

Lotharo et le barbare se précipitèrent sur les deux derniers gardes.

Soudain, un cri d’agonie se fit entendre derrière eux : Sire Cornevent venait de s’effondrer, un carreau planté dans le dos. A la porte nord-est, celle dont avait émergée l’horreur casquée, se trouvait une demi-elfe blonde qui abaissa son arbalète et arborait un sourire narquois.

« Désolé Cornevent vous n’êtes plus utile. » Dit-elle avant de repartir dans le couloir en claquant la porte derrière elle.

Occupés avec les gardes, nos amis ne purent la poursuivre et s’évertuèrent à mettre hors d’état de nuire leurs adversaires, sans l’aide de l’Horreur Casquée désormais immobile.

« Qui c’était celle-là ?! «  Hurla Calidor sidéré.

« A vue de nez je dirais que c’est la demi-elfe qui sert Hestia et lui a ouvert le passage de l’ambassade ! Mais…Ou est Annasthea ?! » Répondit Lotharo en fonçant vers la galerie.

***

Pendant ce temps, Annasthea s’était réveillée miraculeusement. Tout son corps la faisait souffrir mais elle put attraper une potion de soins à sa ceinture et la boire. Le breuvage fit rapidement effet et l’archère put se remettre sur pied.

Elle vit ses amis sortir de la salle au bout de la galerie, mais le sentiment de colère et de vengeance à l’égard de la demi-elfe fut le plus fort et elle descendit l’escalier sans les attendre.

Mal lui en prit. Une fois en bas, elle fut cueillie par le carreau d’une arbalète lourde : un soldat l’attendait devant une porte du vestibule.

Elle grogna de douleur et se prépara à riposter. A ce moment elle vit la demi-elfe. Elle venait d’émerger d’un couloir et s’apprêtait à descendre l’escalier en face d’elle,

Alors que le garde rechargeait son arbalète, Annasthea et son ennemie s’arrêtèrent et se fixèrent du regard.

L’archère arcanique fut la première à tirer et elle déploya toute sa rage pour décocher à toute vitesse des flèches arcaniques qui firent mouche.

La demi elfe accusa le coup et grogna de douleur tandis que les deux flèches se plantèrent en elle. Elle tituba, mais ne tomba pas, parvint à se stabiliser et à tirer à son tour sur Annasthea déjà gravement blessée et qui retomba inconsciente.

« Bien joué mais pas suffisant. » Observa la demi-elfe, le souffle court.

Alors que sa vision s’embrouillait, Annasthea eu juste le temps de voir la demi-elfe descendre l’escalier, prendre une porte qui se situait au bas de celui-ci (vraisemblablement une porte de sous-sol) et descendre.

Calidor arriva à ce moment derrière Annasthea et la prit dans ses bras.

« La…. La  cave… » Souffla l’archère arcanique.

« Chut… Economise ton souffle. » dit-il en approchant une potion de soins.

Le garde en bas avait rechargé son arbalète, tira et blessa Calidor qui fit rempart de son corps et était encore plus enragé d’avoir vu Annasthea en danger. Alors que Snaefried rendit la monnaie de sa pièce au bandit d’un tir vicieux depuis le haut de l’escalier, Lotharo profita de la diversion pour Foncer en bas et engager le malandrin.

Quine se porta au chevet d’Annasthea en invoquant ses pouvoirs guérisseurs.



Calidor, serrant fort ses armes et toujours mu par la rage, bondit en bas de l’escalier, ouvrit la porte de la cave et dévala les marches de celle-ci quatre à quatre.

Il arriva dans une cave voutée majestueuse mais encombrée de vieux meubles, de caisses et de tonneaux. Le tout était empilé en tas, de sorte qu’il était compliqué d’avoir une vue dégagée. Grâce à sa vision dans le noir, le barbare repéra cependant la silhouette de la demi elfe qui se faufilait en titubant dans un passage au milieu de la pièce. Il sprinta pour la rejoindre et elle se tourna surprise.

« Ce n’est pas très prudent de m’avoir suivi ici » Dit-elle moqueuse.

« C’est vous qui allez regretter ce que vous avez fait. » dit Calidor avec une froideur dont il n’était pas coutumier.

« Vraiment ? » Répondit-elle en penchant la tête avec un sourire ingénu.

Elle décocha un rapide coup de pied dans le genou du barbare qui sursauta, profitant de cette seconde d’inattention, la demi-elfe se désengagea et courut vers la porte au fond de la cave à l’ouest, et l’ouvrit avant de descendre des escaliers.

« Je vous laisse avec mes amies, amusez-vous bien ! »

« Sale petite… » Jura Calidor.

Il n’eut pas le temps de finir sa phrase. En une seconde il sentit une présence derrière lui au plafond mais c’était trop tard, quelque chose lui tomba dessus.

 Il tenta de la repousser et fut violemment griffé ce qui lui arracha un cri de douleur. C’était une femme. Une belle jeune femme humaine, portant de riches vêtements et des bijoux de prix, mais tâchés de rouge et sales, elle avait le teint blafard et des crocs saillants à la place des canines.

« Oh merde…. » S’exclama Calidor.

 Elle tenta ensuite de le mordre mais il la repoussa.

« Pas le premier soir Mademoiselle ! » Fit-il.

Une deuxième vampirienne le heurta, il évita son attaque malgré la première furie qui l’agrippait. Il était dans la mouise.

Pendant ce temps, au-dessus, le garde avait jeté son arbalète et combattit Lotharo à l’épée, mais sans trop de succès, ce dernier et Snaefried en vinrent rapidement à bout. Quine profita de ce répit pour se soigner.

Soudain ils entendirent un cri venant de la cave :  « A l’Aiiiiiide !!!!! »


mardi 13 avril 2021

Compte rendu de partie D&D5 : Fragments du passé - 7

 

Fragments du Passé

Compte-rendu n°7 – partie du 12 avril 2021

 La compagnie du Hibou Argenté : 

  •  Annasthéa Serindë, l’archère arcanique cherchant à faire renaître le vieux royaume de la Haute Forêt,   
  • Quine Holimion la Prêtresse de Corellon Larethian,
  • Lotharo Siannodel, le chantelame en quête de savoir
  • Calidor Eaucalme le barbare qui cherche à protéger le monde des lapins garous
  • Snaefried Ombreuse, seule non-elfe du groupe, une humaine roublarde des quartiers chauds de Solaun qui suit la compagnie en recherche de richesses.

Décision



Nos amis se trouvaient face à un dilemme.

« Nous avons désormais ce qu’il nous faut pour restaurer notre honneur. Avec le témoignage d’Enae et ces doppelgangers cela devrait nous permettre de nous innocenter. » Dit Quine pleine d’espoir.

« Ce ne sera pas si simple. On ne peut pas juste se présenter à la garde en disant : « bonjour nous avons des preuves qui nous innocentent merci de nous rayer de la liste des suspects.» Je rappelle que nous savons qu’ils ont des complices haut placés. A mon avis on ira en prison d’abord et si par miracle nos témoins ne disparaissent pas mystérieusement entre temps, nous ne serons pas immédiatement libérés. » Fit Lotharo d’un air sombre.

« Et entre temps la vampiresse aura pu mener son plan à bien. » Conclut Annasthea pensive.

« Et que faire d’autre ? On ne sait même pas où Hestia est allée. Si on peut remettre de l’ordre ici ça pourra peut-être aider à décider Solaun à aider la Haute-Forêt. » Répondit Quine.

« On pourrait se lancer à la poursuite d’Hestia mais placer Enae et les doppelganger sous la protection de Lord Drystan. » Proposa Annasthea

« Oh bonne idée, comme ça s’il est de mèche on lui donne toutes nos cartes » Dit Lotharo sarcastique.

« J’ai conscience que c’est un risque. Mais moi j’ai confiance en lui. Je suis d’avis de sauver Dornil avant tout. De plus si Hestia dispose de plusieurs fragments, alors je considère cela comme prioritaire pour sauver la Haute-Forêt.  Enae, je sais que nous vous demandons beaucoup mais vous êtes la seule à pouvoir expliquer ce qui s’est passé.» Répondit l'archère arcanique.

La jeune elfe était mal à l’aise.

« Ecoutez, je suis lasse des humains et de leurs intrigues. Et pour ma part mon souhait est de quitter cette maudite ville. Mais vous m’avez sauvé la vie, vous êtes des gens bons et si je peux vous aider de cette façon et vous permettre de sauver Dornil, eh bien soit, je le ferai, même si ce n’est pas de gaité de cœur. » Déclara-t-elle.

« Merci Enae, vraiment. » Répondit Annasthea.

Le groupe se concerta du regard et tout le monde acquiesça.

« En attendant on peut aussi garder Enae et les prisonniers dans ma planque » Proposa Snaefried.

« Il n’empêche que même si on s’innocente, on n’a rien qui nous mène aux commanditaires, ça ne sera peut-être qu’une victoire temporaire. » Observa Lotharo.

« C’est vrai. Fouillons cet endroit alors, peut être dénichera-t-on un indice. » Dit Annasthea.

Le groupe procéda à une fouille en règle de la cache des contrebandiers. Outre force richesses et marchandises volées, nos amis forcèrent le coffre du receveur de la guilde.

« Des plans de maison cambriolées, de la correspondance sans intérêt, un registre d’entrées et de sortie de marchandises volées… Rien qui nous aide à quoi que ce soit » Fit Annasthea en soufflant de dépit et en refermant lourdement le registre

Snaefried prit le tome. « Tsst. Ça peut servir ».

Alors qu’ils regagnaient la sortie et passaient dans la salle-entrepôt, Quine remarqua quelque chose dans l’eau à l’ouest de la salle. Intriguée, elle s’avança mais le niveau chutait rapidement et la clerc se retrouva avec de l’eau jusqu’à la taille.

« Qu’est-ce que tu fiche ? » Demanda Calidor.

« Je…Je crois qu’il y a un passage là-dessous, on dirait un ancien escalier, mais c’est trop profond. » Répondit la prêtresse.

Nos amis s’échangèrent des regards suspicieux. Lotharo, toujours poussé par son insatiable curiosité, s’avança et enleva son armure ne gardant qu’une corde sur lui.

« Je vais y aller. Tenez cette corde, au cas où ». Le danselame descendit jusqu’à avoir l’eau au niveau du coup, inspira profondément et plongea.

Le niveau descendait fortement, en fait, il y avait visiblement un ancien escalier assez raide mais qui a disparu sous l’effet de la chute de l’eau de la rivière. Lotharo nagea vers le fond et repéra l’encadrement d’une ancienne porte, il se dépêcha de la franchir. Elle donnait sur une salle entièrement immergées, vide, à l’exception d’un petit tas de vase dans  lequel trônait un coffre. Le reste n’était que murs nus et plantes aquatiques.

Lotharo devait remonter pour reprendre sa respiration, mais la curiosité fut la plus forte et il attacha rapidement la corde à la poignée du coffre, avant de nager précipitamment hors de la pièce.

Le groupe attendait silencieusement devant le plan d’eau quand Lotharo émergea en panique, inspirant de grandes goulées d’air

« UUUUUHHHHHHHRRRRR ! Gllllluuuuhhhh ! Gllluuuhhh ». Le danselame semblait convulser.

Paniquée Quine se précipita et incanta un sortilège de soin

« Ca va ?!! Normalement cela aurait dû te… »

« Gllloooorh, j’ai … UUUURRRRHHH… toujours de l’eau dans les … poumons… il me faudrait un bouche à bouche…. » Dit Lotharo avant d’éclater de rire.

Comprenant qu’il lui avait joué un de ses tours, Quine le repoussa au sol des deux mains.

« Blague à part. Si vous pouviez tirer la corde, il y a un coffre au bout. » Dit Lotharo.

Le groupe dû s’y prendre à plusieurs et à plusieurs fois pour hisser le coffre hors de l’eau. Snaefried l’examina sous toutes les coutures et tenta de le crocheter sans succès. Calidor tenta de tirer le couvercle sans succès… Jusqu’à ce que Quine, donne un simple coup puissant sur le loquet qui sauta, laissant tout le monde étonné.

« Eh bien quoi ? Je ne vois pas où était le problème. » Dit la prêtresse satisfaite.

Le coffre contenait de l’or, des gemmes et des objets dont un qui attira l’attention de Lotharo. Il prit une curieuse plume en or dans les mains et l’examina pendant plusieurs minutes avant de déclarer :

« Mes amis, je crois que nous tenons là l’une des légendaires créations de Qaal, en l’occurrence la plume »

« Et ? » fit Calidor.

« Et ? Eh bien nous pouvons utiliser cet objet pour convoquer un puissant oiseau roc multicolore qui pourra nous porter ou nous le voulons. Mais une seule fois. » Enonça Lotharo.

« Ça c’est un très bon objet pour nous sortir d’une situation difficile » Dit  Quine.

« Tout à fait, tu devrais d’ailleurs le prendre. » Renchérit Lotharo avant de tendre la plume à Quine. « Pour me faire pardonner. » Ajouta-til.

La prêtresse accepta avec un sourire sincère.

« Bon, retournons à la planque maintenant » dit Snaefried.

 

Poursuite



Le groupe emmena Enae et les Doppelgangers prisonniers avec eux à la planque de Snaefried.

Jamry et plusieurs « employés » étaient présents.

« Cheffe, vous revoilà ! Ça s’est bien passé avec Vance ? »

« Oui ça allait. J’ai besoin que tu fasses déménager une planque. Je vais te dessiner un plan. Prend plusieurs gars avec toi et ramenez tout ce qui a de la valeur. »

« Pas de problème cheffe. »

« Ah et mettez ces deux-là dans la geôle » Ajouta Snaefried en désignant les doppelgangers.

« Oh merde mais c’est quoi ça ?! » Fit Jamry dégoûté.

« Des doppelgangers sous leur forme naturelle » Enonça doctement Lotharo. « Attachez les et faites attention à ne pas vous faire entourlouper, ils peuvent prendre l’apparence de n’importe qui et lire vos pensées. » Poursuivit-il.

« Euh…Ok on fera gaffe. » Répondit Jamry.

Lotharo se pencha à l’oreille de Jamry et chuchota : « Te voilà prévenu, s’il prend l’apparence de Snaefried et te fait des avances indécentes parce qu’il aura lut dans tes pensées que c’était ton fantasme secret, crois-moi tu ferais mieux de refuser. »

Jamry rougit d’embarras tandis que Lotharo lui adressait un sourire sadique et satisfait. Le danselame était décidément imprévisible.

Annasthea écrivit une lettre à Lord Drystan pour lui expliquer leur découverte et lui demander de veiller sur Enae.

***

Après avoir pris leurs dispositions, nos amis, prirent un repos avant de retourner à la cache.

Là ils empruntèrent deux barques amarrées dans la pièce la plus au nord, celle qui servait à décharger les marchandises. Ils longèrent le tunnel et sortirent de la ville pour tomber dans la rivière. 

Quine repéra un ponton  bien dissimulé au nord. Ils s’y amarrèrent. Le ponton semblait avoir été utilisé récemment et une autre barque y était amarrée et cachée sous des feuillages.
Annasthea repéra des empreintes menant à un sentier.

Le sentier menait à une petite clairière dissimulée et l’archère arcanique discerna des traces de roues.

« Un carrosse, ou une charrette. » Expliqua-t-elle « Ça continue vers le nord. Il nous faudra des chevaux si on veut pouvoir les poursuivre. Mais je n’ai pas envie de retourner en ville. Il y a ce village non loin de Solaun, sur la route du Suldaï, on y trouvera peut-être des montures.

Le reste du groupe acquiesça et ils entamèrent une marche le long de la route nord. Arrivés en vue du village, Lotharo et Annasthea se rendirent sur les lieux  en prenant soin de dissimuler leur vraie nature.

Le maréchal ferrant venait tout juste de recevoir la visite d’un garde. Annasthea l’aborda en lui demandant s’il avait des chevaux pour lui et son maître.

« Oui en effet mais cinq je n’en ai pas, enfin si, mais il y en a un qui est réservé »

« Nous paierons ce qu’il faut. Je suis pressé, ces minables en ville nous ont fourni des chevaux malades. Il n’y a plus aucune qualité de nos jours. » Dit Lotharo en jouant son rôle habituel de vieux mage acariâtre.

« Eh bien pour 100 PO le cheval je devrais pouvoir m’arranger. Et ne vous inquiétez pas Messire. Je connais la réputation de l’écurie de l’étoile scintillante : ils leur donnent n’importe quoi à leurs chevaux, mais les miens sont nourrit de façon naturelle je vous le garantis. »

L’affaire fut conclue et le forgeron appela son fils pour sceller les chevaux.

Lotharo en profita pour arracher une affichette de recherche de criminels qu’il montra à Annasthea avant de la déchirer : il y était indiqué que la compagnie du Hibou argenté était recherchée et la récompense se montait à 10 000 pièces d’or.

Pendant qu’Annasthea réglait les derniers préparatifs avec le maréchal ferrant, Lotharo apprit en interrogeant les locaux qu’un carrosse s’était arrêté ici il y a deux jours, peu avant l’aube. Il était escorté et une femme était à l’intérieur. D’après le maréchal ferrant, le convoi se rendait à Sarlon, un village à moins de deux jours d’ici dans la province de Suldaï.

Le groupe se remit en route vers Sarlon en empruntant la route. Ils s’arrêtèrent en bord de route pour la nuit.

Calidor avait annoncé du lapin à manger.

« pfff encore » marmonna Snaefried.

Mais heureusement pour la roublarde, le barbare revint bredouille de sa chasse et cuisina un simple brouet d’herbes.

« Merci beaucoup Calidor pour ce bon repas » dit Lotharo ironique en sortant une de ses rations de voyage.

Calidor lui jeta une carotte à la figure en représailles.

« Oh une carotte ! J’adore ça ! Miam Miam » fit Lotharo en la mangeant goulument de façon exagérée sous l’œil suspicieux de Calidor.

Le groupe organisa les tours de gardes. Tout se passa sans histoire. Lors de sa veille, Lotharo se plongea dans les secrets de l’Aghna Gruul, il se sentait de plus en plus … éveillé. Il avait le sentiment qu’à la fin de cette aventure, les secrets lui seraient révélés.

Le lendemain nos amis décidèrent de forcer l’allure pour essayer de gagner du terrain. Quine et Annasthea parvinrent à tirer le meilleur parti des montures qui s’avérèrent effectivement de qualité.

Le soir venu ils arrivèrent à Sarlon.


Sarlon



La ville semblait calme, mais il y avait une tour et de nombreux gardes qui patrouillaient.

Quine et Snaefried entrèrent les premières pour vérifier qu’il n’y avait pas de piège, mais elles s’aperçurent que les gardes ne leur prêtaient pas vraiment attention. Ils étaient en fait en train de creuser des tranchées et de planter de pieux. Il y avait effectivement de nombreux soldat dans ce gros village.

L’ambiance était tendue. La vie suivait son cours mais clairement les habitants semblait moroses, il y avait peu de rires et d’animations. Tout au plus quelques conversations de ci de là, mais rien de très enjoué.

Le reste du groupe suivit.

« Pourquoi cette agitation ? » Demanda Lotharo à un garde.

« Avec les histoires qui se passent dans la Haute Forêt  le gouvernement a décidé de défendre notre territoire. C’est pourquoi on a eu des renforts et on a ordre de créer des ouvrages défensifs. »

La compagnie se rendit à l’auberge de la Nymphe impudique… qui portait bien mal son nom : il n’y avait ni nymphe ni impudeur, mais seulement la même ambiance morose qu’à l’extérieur. Quelques paysans buvaient à une table en parlant à voix basse et un type était déjà la tête sur la table dans un coin de la pièce.

A leur arrivée, l’aubergiste leva la tête et semblait ne pas croire à sa chance : il ne devait pas avoir vu beaucoup de clients dernièrement. Ils commandèrent gîte et repas. Evidemment, l’auberge était vide et ils n’eurent aucun problème à avoir une chambre cahcun

Nos amis discutèrent un peu avec l’aubergiste, un sympathique bonhomme du nom de Ralph. Ils apprirent que les attaques au nord avaient contraint les princes à envoyer des troupes sur les frontières. Mais suite à l’échec du traité, ils allaient se réunir pour prendre de nouvelles décisions prochainement.

« En attendant moi je l’avais dit que ces aventuriers du Hibou argentés étaient louches » dit un pilier de bar.

Comme d’habitude, Lotharo aimait jouer avec le feu : « Oui c’est vrai qui auraient pu croire qu’ils tomberaient aussi bas ? » lança-t-il.

« C’est clair, mais bon, moi je savais que c’étaient des traîtres : déjà que des elfes, faut pas s’étonner qu’ils aient attaqués par surprise puis qu’ils aient décampés » ajouta un autre pilier de bar.

Quine, recula violemment sa chaise en se levant et quitta la pièce le visage fermé.

« N’empêche on aurait bien besoin de gars aussi costauds pour sécuriser la frontière. Parce qu’ici c’est pas rassurant » Continua l’aubergiste.

« Ouais ben le vieux Cornevent pourrait se bouger aussi » Répondit un client.

« Ça je crois que tu peux rêver » ricana un autre homme « M’est avis que le vieil Arkus est sénile !».

Cornevent, ce nom résonna dans l’esprit d’Annasthea qui demanda immédiatement à l’aubergiste qui était ce Lord Cornevent. L’homme lui répondit qu’Arkus Cornevent était le vassal du Prince Melvun-Suldaï et seigneur en titre de Sarlon. Son château se trouvait au nord-ouest d’ici à environ deux heures de marche. Dernièrement Arkus Cornevent semblait distant, il ne recevait plus qu’une fois par semaine pour les pétitions et faisait de fréquents allers-retours à la capitale. Il avait trois enfants, deux filles qui vivaient au château et un garçon, aîné qui servait outremer, dans l’armée.

L’homme qui était affalé sur la table se leva soudain et fixa le vide d’un regard torve.

« Cornevent…. Cet … ENFOIRE. Qu’il aille au diable ! Me Virer MOI ? Sale merde prétentieuse. Ralph, une autre bière. »

« Tu en a assez bu Josias ! Tu ferais bien de retourner chez toi voir ta femme.» Répliqua l’aubergiste.

« Cette… Harpie…. Elle m’emmerde celle-là. J… j’pas envie de la voir… » Répondit l’ivrogne.

Annasthea eu une idée et commanda une bière. Elle s’assit ensuite face au dénommé Josias et lui tendit la chope, qu’il prit avec gourmandise.

« Alors comme ça vous connaissez lord Cornevent ?»

« Ouais…. Slurp…. Ce salaud. Je l’ai servi pendant vingt-quatre ans… vingt-quatre ! Et il m’a congédié comme un malpropre »

« Vous étiez majordome ? »

« Nan, garde du corps. Un beau jour il me convoque et il me dit que le capitaine Koltag - un arriviste de première cui-là ! - exercera ma charge désormais…. Mais… Mais c’merdeux ne savait rien ! Comment… comm… comment a-t-il pu me virer pour mett’ ce débile à ma place ?»

« Oui c’est vrai, on se demande vraiment pourquoi il a fait cela ? » Lança Lotharo mi-sérieux mi-cynique.

Annasthea lui fit signe de la main de ne pas l’interrompre.

« C’est encore un coup de sa nièce. Cette SALOPE ! Depuis qu’elle est là, elle fout sa merde. Le vieux boit ses paroles et elle a fait virer plein de gens pour les remplacer par des sbires à elle ! Déjà qu’j’avais jamais entendu parler de cette Asthei ! Et elle débarque comme ça y a plusieurs mois et commence à se mêler de tout ! »

« Vous pourriez me la décrire ? » Continua Annasthea.

L’homme lui fit un portrait saisissant de la femme en rouge. Hestia à n’en pas douter !

Donc au château il n’y a que des hommes à Asthei ? » Continua Lotharo.

« Nan, mais la plupart des gardes ont été virés. Les serviteurs sont partis pour certains parce que je m’suis laissé entendre dire que l’ambiance était de plus en plus bizarre… Mais la plupart sont encore là-bas. D’ailleurs vous savez quoi ? » Il baissa la voix.

 « Moi je sais un truc que le vieil Arkus ferait bien de savoir ! »

Annasthea pencha la tête comme pour écouter une confidence importante

« Hier soir le carrosse de cette traînée de dame Asthei était là en ville. Se sont arrêtés pour prendre des provisions sans doute »  Slurp ! Slurp !  « Et ben… Le vieil Arkus qui nous disait « Ma nièce je dois la protéger et l’aider à tenir son rang, je vais lui faire faire un beau mariage avec un noble de haut rang, il faut qu’elle puisse s’élever dans le monde pour le rayonnement de sa famille tout ça tout ça…. Ha ha ha !   Des clous oui !!! Si ce vieux con … hips savait que sa pouffiasse de nièce fricote avec un gus dans son dos il ravalerait ses paroles ! » Cracha Josias

« Que voulez-vous dire ?» dit Annasthea

« Eh ben… Je…. J’voulais dessiner quelques insultes sur son carrosse mais en fait j’ai vu qu’il y avait un elfe, un ptit blond, dans le carrosse avec elle. Elle fricote avec un elfe la jeune noble pure ! Vous imaginez ! Ah ça je lui jetterais bien à la figure en audience publique au Arkus ! »

Annasthea regarda Lotharo puis déclara.

« Merci beaucoup. A présent vous devriez retourner voir votre épouse je pense. »

« Ouais… Hips… On va aller dans l’antre de la harpie…. »

L’homme sortit en titubant de l’auberge et remonta la rue. Annasthea le suivit pour voir où il allait. Puis alors qu’elle se tournait pour rentrer, elle vit Quine debout sur le perron, dos à elle.

« Tu viens ? On va manger. » Dit Annasthea.

La prêtresse se tourna vers son amie, ses yeux était rouges, elle avait visiblement pleuré. Annasthea senti la commisération l’envahir.

« Nous avons tout perdu. Ils nous ont tout pris. Et maintenant tu entends comment ils nous traitent ? Des traîtres et des meurtriers voilà tout ce que nous sommes pour eux. » Dit Quine en réprimant un sanglot.

« Ne t’occupes pas de ce que pensent les humains, nous, nous sommes toujours là les un pour les autres… » Répondit l’archère arcanique.

« Moi tout ce que je veux, c’est pouvoir sauver tout le monde. Et cela inclut les humains. »

« On ne peut pas sauver tout le monde. Il faut simplement l’accepter et faire de notre mieux » répondit Annasthea. L’archère posa un bras sur l’épaule de sa sœur d’arme.

« Viens, rentrons. » Dit-elle simplement.

Rapport de Bataille Blücher : Aspern Essling partie 1

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